Découverte du vignoble

Roquemaure, berceau des Côtes du Rhône

Depuis le 1er siècle après Jésus Christ, le territoire de Roquemaure est connu pour la qualité de son vin.

Pour les anciens, les grands fleuves comme la Garonne et le Rhône étaient qualifiés de « mer » et leurs rives de « côtes ». Le Rhône, frontière naturelle entre le royaume de France et le Saint Empire Romain Germanique, n’avait qu’une seule rive française que l’on nommait donc « La Côte du Rhône ».

Sous l’Ancien Régime, lorsque les nécessités administratives firent partager les provinces en sénéchaussées et les sénéchaussées en vigueries, la viguerie de la Côte du Rhône désigna tout un territoire enterré dans une large boucle du Rhône entre Bagnols-sur-Cèze et Villeneuve-lez-Avignon. Roquemaure était le chef lieu de cette viguerie célèbre depuis le XIIème siècle pour la qualité de ses vins. La Côte du Rhône comprenait à cette époque les villes de Roquemaure, Montfaucon, Saint Génies de Comolas, Saint-Laurent-des-Arbres, Lirac, Tavel, Laudun, Chusclan, Codolet, Orsan et Pujaut.

Par ailleurs, la ville possédait un port particulièrement bien placé sur la rive droite du Rhône et protégé par son château. Il acquit ses lettres de noblesse à l’époque de l’installation de la Papauté en Avignon.

En effet, ils étaient de gros consommateurs et comme leurs achats étaient effectués dans la Vallée du Rhône, le port de Roquemaure servait de lieu de transit (40 bœufs, 200 moutons, quantité de volailles, 100 hl de vin par semaine !).  Pendant les mois de novembre-décembre-janvier, on pouvait trouver jusqu’à 2000 pièces de vin en attente dans le port pour être embarquées. Au XVII et au XVIII Siècle, le commerce des vins faisait entrer dans le pays de 500.000 à 1 million de livres par an.

Déjà à cette époque, les consuls des communes de la Côte du Rhône veillaient à la production des vins de qualité et prennent très tôt des mesures pour assurer cette qualité :

  • en 1657 : interdiction d’entrer des vins issus d’autres territoires, sous peine d’une amende de 100 livres
  • dès 1731 : Obligation de ne planter qu’un cep ou un cep et demi par m²
  • réduction obligatoire de la souche pour éviter l’exposition au vent du nord
  • deux labours seulement permis par an (mars et mai)
  • l’effeuillage était exclu et l’égrenage se faisait sur place (le rendement était de 10 à 15 hl/ha)
  • les fumures (fumier utilisé comme fertilisant en agriculture) furent interdites

En exigeant que soient authentifiés les fûts des vins de cette région en les marquant au fer rouge des lettres « C.D.R. » (Côtes du Rhône) avec le millésime, les consuls de Roquemaure, dont le 1er d’entre eux était propriétaire depuis 1628 du Domaine de Bouchassy, peuvent être considérés comme les « inventeurs » de l’appellation. Délivrant également aux producteurs des certificats d’origine, ils pratiquèrent donc une véritable politique d’appellation contrôlée avant la lettre et l’on peut considérer à juste titre que Roquemaure fut le berceau des Côtes du Rhône.

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