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Patrimoine -
Les batiments religieux
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Mercredi, 27 Août 2008 04:26 |
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La collégiale de Roquemaure est un témoignage du savoir faire des bâtisseurs du Moyen Age et un témoignage de leur grande spiritualité. Voulue par le Cardinal Bertrand de Pouget, neveu de Jean XX (second pape d’Avignon) elle fut commencée en 1329 et terminée en 1335 pendant que le cardinal, légat du Pape en Italie, s’occupait de la construction d’un palis pour le souverain Pontife à Bologne.
Au début du 14 ème siècle, l’architecture romane (inspirée des romains) du Midi de la France subit l’influence du style gothique venu du Nord. Ce nouveau style n’est pas accepté d’emblé, si bien que nous avons un mélange des deux architectures que les historiens ont défini comme : le gothique méridional.
Les bâtiments religieux construits dans le Midi de la France à cette époque subissent souvent l’influence des franciscains (disciples de saint François d’Assise) qui préconisaient un grand dépouillement dans la décoration des églises afin que pendant l’office, les fidèles ne soient point distraits.
Par contre une grande importance est accordée aux symboles numériques. Aujourd’hui nous en ignorons souvent le sens et notre église à subi de telles transformations que le sens des symboles voulus par leurs bâtisseurs n’apparait pas à première vue.
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La façade de l’édifice résume parfaitement la fonction de l’édifice. Elle s’inscrit dans un triangle équilatéral parfait de 36 coudées (1 coudée = 54 cm) de côté ce qui n’est pas un hasard. Le triangle est le symbole de la Sainte Trinité, donc de Dieu. Quand au nombre 36, la somme du 3 et du 6 est de 9 c'est-à-dire 3 au carré (3x3) ou encore (3+3+3) encore la Trinité.
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La base du triangle équilatéral mesure également 36 coudées de coté or la somme des 36 premiers nombres (1+2+3+4+….35 +36 = 666 le nombre du démon. Nous avons une représentation symbolique de Dieu terrassant le démon.
D’autre part, si nous observons la porte d’entrée de l’édifice qui représente symboliquement le Christ (« Je suis la porte, si quelqu'un entre par moi, il sera sauvé ». (Jean 10:9), nous constatons de part et d’autre 6 jambages soutenant les voussures. Ces jambages figurent les apôtres. En définitive c’est une image symbolique de la scène qui rappelle aux fidèles la signification de l’eucharistie.
L’entrée de la collégiale était autrefois interdite aux non baptisés. On rejoint la communauté chrétienne par le sacrement du baptême, c’est le premier sacrement, la première porte à franchir pour les fidèles.
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Les fonds baptismaux se trouvent près de l’entrée de l’édifice, dans le coin le plus sombre pour signifier que le non baptisé est dans l’ignorance, dans l’obscurité.
Une fois baptisé il va cheminer vers la lumière c’es à dire vers Dieu.
Le cardinal Bertrand de Pouget avait été autorisé a transférer dans la collégiale les fonds baptismaux de l'église Sainte Marie, mais la cuve renversée et cassée par le baron des Adrets fut remplacée en 1622. Elle porte toujours les armoiries du Cardinal de Pouget ainsi que les attributs de Saint Jean l'évangéliste.
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Tout au long de ce voyage en remontant la nef depuis le portail d’entrée vers le chœur, il recevra divers sacrements. Chaque sacrement lui permet de franchir une nouvelle porte matérialisée par les piliers qui se font face. En tout 7 sacrements (Baptême, Eucharistie, Confirmation, Mariage, Entrée dans les Ordres, la Réconciliation et le Sacrement aux malades) donc 7 portes. L’entrée dans les ordres ne concernant que les prêtres.
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Sur un des piliers on distingue encore le blason de Bertrand de Pouget peint en 1335 au moment de la consécration de l’église par le cardinal.
| Ce chemin conduit le fidèle de l’obscurité vers la lumière. Au Moyen Age, la collégiale n’était éclairée que par les fenêtres du chœur et l’oculus qui se trouve au dessus de l’abside Toutes les fenêtres latérales ont été percées au XVII ème siècle y compris la rosace sur la façade. |
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La collégiale est orientée vers le lever du soleil au solstice d’été. Ce jour là, la lumière qui passe à travers l’oculus vient frapper la porte d’entrée de l’édifice et au fur et a mesure de la course du soleil dans le ciel, la tâche lumineuse s’avance vers le chœur montrant le chemin aux fidèles.
La collégiale ne possède point de transept, les bâtisseurs ayant choisi une symbolique du Dieu en gloire et non l’image de la Croix.
Dans l’abside, on voit les stalles des prêtres attachés au service de l’église. Clément VI, troisième pape d’Avignon, prit en 1346 la décision d’élever cette église au rang d’église collégiale. Bertrand de Pouget créa un collège de dix chapelains et deux diacres pour assurer le service de l’église. Ils étaient logés dans la Maison du Chapitre et pouvait se rendre directement dans l’église en passant par une galerie supportée par un arceau qui enjambait la rue entre la maison du chapitre et la collégiale.. Galeri et arceau furent détruits au moment de la vente de la collégiale comme bien national après la révolution.
La partie de la nef sous laquelle se tenaient les fidèles était couverte d’une charpente en bois, la voûte maçonnée que l’on voit aujourd’hui fut construite en 1824 à l’initiative de l’abbé Maurice Gilles. En revanche, la voûte du chœur qui recouvre donc la partie la plus sacrée de l’édifice est en pierre. Lors de la construction de la voûte maçonnée, afin de donner une certaine unité a l’ensemble, deux arceaux plus étroits furent ajoutés, ils reposent sur les derniers piliers du chœur. Devant l’abside, les piliers de part et d’autre ne servaient de soutien à aucun élément, ils symbolisent les colonnes du Temple de Jérusalem. On peut voir encore le départ de la croisée d’ogive qui couvrait le chœur et passe au dessus de la voûte.
Le chœur est la partie sacrée de l’église, il était séparé de la nef par un mur appelé « jubé ». Les fidèles ne pouvant observer le déroulement de l’office, un prêtre montait sur une tribune en haut du jubé et commentait la cérémonie.
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La collégiale est très dépouillée conformément aux préceptes des franciscains, aucune sculpture, point de chapiteaux sur les piliers. Les fidèles ne devaient point être distraits pendant les offices. Seules les lignes droites matérialisées par les arrêtes des piliers constituent un élément décoratif. De plus ces arrêtes ont été chanfreinées afin de multiplier le nombre de lignes verticales qui invitent les fidèles à élever leur esprit vers Dieu.
L’emplacement de l’autel n’a pas été choisi au hasard, il se trouve au dessus de l’intersection de deux veines d’eau repérées à 5 ou 6 mètres de profondeur.
Philippe le Bel, ri de France n’entendait guère se soumettre à l’autorité de l’Eglise bien que Boniface VII ait déclaré que tout être vivant à la surface de la Terre devait obéissance au souverain pontife. Bertrand de Pouget ne voulant s’attirer la vindicte du souverain, fit placer le blason des rois de France sur la clé de voûte de l’abside tandis que le sien figure sur la cuve des fonds baptismaux pratiquement a raz du sol. Une soumission apparente car dans la dernière pièce de la tour de défense de la collégiale aujourd’hui transformée en clocher figurent ses propres armes, mais a l’époque il n’était pas visible de l’extérieur.
Les vitraux des fenêtres du chœur datent de 1847, ils représentent la vierge Marie avec l’enfant Jésus lors de la présentation au Temple le 2 février, soit 40 jours après sa naissance. C’est Notre Dame de la Purification la sainte patronne de la paroisse de Roquemaure et la patronne de la première église du village. De part et d’autre nous avons un vitrail représentant Saint Jean Baptiste à gauche et Saint Jean l’Evangéliste à droite, la collégiale étant dédiée à ces deux saints. Saint Jean Baptiste était le saint patron des vignerons de la Côte du Rhône et saint Jean l’Evangéliste celui des tonneliers.
C’est autour de la saint Jean Baptiste le 24 juin que se fait la pollinisation des fleurs de raisin qui donneront la récolte. Tandis qu’a la saint Jean l’Evangéliste le 27 décembre, le niveau des eaux du Rhône étant assez élevé, le transport des tonneaux de vin peut se faire et cela donne bien du travail aux tonneliers de la ville.
Les chapelles latérales ont été construites au XVIIème siècle, soit par des corporations de métiers, soit par des particuliers. Pour cela, les murs de la collégiale n’ayant pas de rôle de soutien de l’édifice, ils furent percés et les chapelles construites entre les contreforts.
Au XIXème siècle, les toits des chapelles furent abaissés afin d’ouvrir une rangée de fenêtres latérales afin de donner plus de luminosité à l’édifice. La plus belle des chapelles est sans nul doute celle de la vierge qui possède une voûte en étoile. Les parements en marbre de carrare sont postérieurs (à partir de 1871).
| Sur les murs extérieurs de certaines chapelles sont sculptés les attributs de certaines corporations de métiers qui les ont édifiées à leur saint patron. |
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Le plus beau joyau de cette collégiale est sans nul doute son orgue, un instrument construit en 1690 par les frères Jullien, facteurs d’orgues à Marseille. C’est un instrument unique au monde classé monument historique au titre d’objet le 4 août 1972. La facture de cet orgue, dont certains éléments sont construits sur des techniques du Moyen-âge, en font un instrument d’une rare qualité et l’objet de curiosités et d’études d’organistes célèbres ou d’écoles de facteurs d’orgues.
XVIIIe siècle et cache les mille tuyaux de l’instrument.De nombreux enregistrements, par des maîtres organistes, l’ont fait connaître dans le monde entier. Le buffet agrémenté de deux tours date du techniques du Moyen-âge, en font un instrument d’une rare qualité et l’objet de curiosités et d’études d’organistes célèbres ou d’écoles de facteurs d’orgues.De nombreux enregistrements, par des maîtres organistes, l’ont fait connaître dans le monde entier. Le buffet agrémenté de deux tours date du XVIIIe siècle et cache les mille tuyaux de l’instrument.
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La chapelle St Jean édifiée au XVe siècle est la plus ancienne et abrite sans doute la sépulture de Jordan de Brès puisque en 1855, l’abbé Eugène Nicolas Petit Jean en découvre la pierre tombale.
Débarrassée de la croûte de badigeon qui la recouvre elle révèle un personnage. Celui-ci est tête nue, les mains jointes sur la poitrine et vêtu d’une simarre courte bordée d’hermine, avec une épée au côté et un poignard de chasse derrière, chaussé de bottes à ressort garnies d’éperons. A droite et à gauche de la tête sont deux livres à fermoirs surmontés chacun d’un bonnet rond à petite houppe. Au dessus de la tête du personnage, un écu chargé de trois brès (nom provençal d’un engin dont on se sert pour la chasse à la pipée), ou lacs à prendre des oiseaux. Sur l’extrémité du brès supérieur on voit un petit oiseau perché. |
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En bordure sur trois des côtés figure une inscription en latin :
Hec est sepultura mag[ist]ri militis, utriusq[ue] juris professoris, domini Jordani Bricii, domini castrorum Velaucii et
Castrinovi-Rubri, qui fuit judex major Provincie, et fecit edifica
[ri hanc capellam. Obiit anno domini quatercentesimo quinquagesimo ( ?)…
Cujus anima requiescat in pace. Amen]
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« C’est le tombeau de messire Jourdain de Brès, chevalier,
seigneur des seigneuries de Velaux et Châteauneuf
le Rouge,
qui fut juge-mage de Provence et fit construire cette chapelle.
Il mourut l’an du seigneur 145. ?
que son âme repose en paix ! Qu’il en soit ainsi ! »
Au XIVème siècle, une ville doit pouvoir se défendre contre des troupes de brigands, ou des armées étrangères. Construite hors des remparts, la collégiale est flanquée d’une tour défensive culminant à plus de 46 coudées, elle est plus élevée que le donjon du château royal. Son sommet est couronné de merlons et de créneaux tandis que sur ses quatre faces s’ouvrent des arbalétrières.
Au XVIIème siècle la tour de défense fut transformée en clocher avec plusieurs cloches.
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Mise à jour le Jeudi, 24 Juin 2010 11:25 |
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Mais aussi ...
Louis 1er d'Anjou
Il épousa le 9 juillet avec Marie de Chatillon dite de Blois, fille de Charles de Châtillon comte de Blois et de Jeanne comtesse de Bretagne.
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