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Avec une volonté inflexible et une cruauté inimaginable, il organise la terreur depuis Lyon jusqu’à Avignon.
Le 26 août 1562, notre baron se présente devant Saint-Laurent des Arbres où les habitants lui opposent une résistance courageuse. Ayant ouvert une brèche dans les murailles de la ville, avides de sang et de pillages les calvinistes y sèment la désolation et l’horreur. La plupart des maisons sont saccagées et incendiées; dans l’église, le curé de la paroisse est brûlé vif sur le maître autel et tous ceux qui résistent sont passés au fil de l’épée. Soixante dix hommes échappés des combats sont capturés et égorgés.
Apprenant l’approche des huguenots, les habitants de Roquemaure éprouvent une cruelle anxiété. Ils se souviennent encore des massacres perpétrés par de Simon de Montfort pour quelques habitants ralliés aux thèses cathares. Convaincus que la ruine de la ville, le massacre de leurs femmes et enfants après avoir eux même péri les armes à la main ne rendrait pas la cause des catholiques plus triomphante, ils préfèrent écouter la voix de la prudence et délèguent le Sieur de Granjat parlementer avec le baron des Adrets. Docteur en droit de Granjat fait partie des quelques Roquemaurois qui ont choisi la religion réformée. Ils lui remettent les clefs de la ville et le baron particulièrement satisfait accorde aux habitants l’exemption du logement de ses mercenaires qui se voient interdire le droit de s’approprier quoi que ce soit sans l’avoir payé.
Le pillage de l’église, la destruction des autels et de tout son mobilier n’étant point une exception dans les conditions du traité, les soldats se vengent sur les objets du culte catholique qu’ils ont en aversion. Avant leur arrivée, la commune qui en a accepté le dépôt, abrite l’argenterie, et les ornements chez un des consuls: le sieur François Cappel.
La fureur des Calvinistes s’exerce d’abord sur les choses saintes qu’ils profanent avec frénésie, foulant aux pieds les hosties, buvant dans les calices et les vases sacrés, souillant de leurs déjections les bénitiers et les fonts baptismaux qu’ils renversent et brisent en morceaux.
Une église et son clocher offusquent les yeux de cette soldatesque fanatique qui décide de les abattre au grand désespoir des habitants. L’adresse du docteur Granjat les tire encore d’affaire. En insinuant au baron que cet édifice avec beaucoup de solidité peut le cas échéant lui servir de citadelle pour contenir les catholiques il parvient a sauver le bâtiment. Curieusement le baron des Adrets ne s’attaque pas au château de Roquemaure. Dans son « Mémoire sur la Ville de Roquemaure », Cappeau de Saint Marc suppose que le gouverneur du château, Antoine Blondeau, lieutenant du capitaine et viguier de Roquemaure est un partisan des Calvinistes.
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